Modifions les règles du jeu

7 octobre 2008

Bonsoir

Merci à Batling’a friend pour son commentaire judicieux.

On pourrait ajouter que les élections européennes, qui se jouent dans un cadre national, ne favorisent en rien cette prise de conscience pan-européenne ou trans-européenne.

Le référendum de 2005, la batterie de votes nationaux qui étaient prévus pour le Traité de Lisbonne, l’ont également montré : une question qui touche à l’Europe ne devrait être réglée qu’à l’échelle européenne…

J’aurais aimé un référendum sur le Traité constitutionnel organisé au même moment dans tous les pays concernés…Ou alors, une seule et même procédure parlementaire…

Sinon, la présence, certes pertinente, sur les listes nationales d’Européens, relève au mieux de la pédagogie par l’exemple, au pire du gadget destiné à manipuler les foules…

A vous lire

 

 

L’Europe frigide

6 octobre 2008

C’est le titre bien trouvé d’un essai du diplomate et historien israélien Elie Barnavi

Ce que je vous propose, ce soir, c’est rien moins qu’une recension.

L’essai court sur 160 pages ; c’est dense et particulièrement intelligent. Barnavi assène, tout au long de sa réflexion, 1 idée majeure qui pourrait s’énoncer ainsi : l’Europe possède une unité culturelle ou de civilisation -l’historien emploie les deux expressions indifféremment- mais est éclatée du point de vue politique. L’un et le multiple rythme sa vie depuis des siècles. Pour Barnavi, c’est non seulement une chance mais c’est aussi ce qui explique les grands malheurs que nous avons traversés. Cette tension entre l’un et le multiple permet de comprendre le dynamisme européen à travers les siècles.

L’essai est d’abord une vaste fresque historique, qui court depuis les grecs classiques du 5è s. av. JC jusqu’à nos jours. Cette unité culturelle trouve sa cohérence dans l’assemblage de différents concepts : la rationalité, le doute critique, la solidarité, la liberté, la laïcité, la diversité et le patriotisme. Ce que Barnavi appelle les Tables de la Loi européenne.

Barnavi énonce aussi deux idées-force que nous devrions méditer :

1)notre unité culturelle est déjà faite, il faut la révéler à tous ceux qui mettent un point d’honneur à mettre en valeur les différences entre peuples européens. C’est-à-dire avoir une action pédagogique où l’on montrera ce qui nous unit.

2)le projet politique issu des pères fondateurs de l’Europe est à bout de souffle : il nous convient de le refonder pour pouvoir terminer notre unité politique.

Barnavi propose alors une méthode pour aller de l’avant :

-définir l’identité européenne de manière simple. L’Europe est là où l’histoire et la géographie se superposent. Exit donc la Turquie, puisque son histoire ne recoupe en rien l’unité culturelle européenne ; exit donc la Russie pour des raisons qui tiennent à l’histoire mais aussi à la géographie.

-être pragmatique : refuser la règle de l’unanimité -à laquelle nous renvoie le non irlandais sur le Traité de Lisbonne ; fonder l’Europe comme un club où les règles contraignent tous les membres qui y adhérent et où le non-respect de l’une d’entre elles entraîne la suspension de la participation ; former un groupe de pays volontaires qui chercheront une intégration politique supérieure et commencer, par exemple, par unifier les diplomaties allemande et française.

Le livre est plus riche que cette courte recension. Il mérite d’être lu, relu et méditer…pour se donner le courage de continuer et de sortir de l’impasse politique…

A vous lire.

1 octobre 2008

Bonsoir

Ce soir, j’ai regardé le journal télévisé et j’ai vu un premier ministre en appeler à l’union nationale pour trouver des solutions à la crise…Là, je suis resté pantois. Je pensais que l’UMP avait la majorité absolue et pouvait gouverner sans les autres…En somme, c’est comme si le premier ministre voulait mouiller tout le monde dans cette histoire de crise financière…

Et puis tout d’un coup, la communication de l’Etat m’a rappelé Tchernobyl. Et vous pensez que je m’en souviens, je venais d’avoir 15 ans en ce mois d’avril 1986…A cette époque, on nous a assuré que le nuage s’était arrêté à nos frontières…Et aujourd’hui, on nous soutient « mordicus » que nos banques sont saines, alors que dans le même temps on a renfloué -à plusieurs, certes- Dexia et que plusieurs autres banques suivront sans coup férir…

Donc l’union nationale -j’ai du mal à mettre des majuscules- avec un leader socialiste qui propose un débat télévisé pour débattre…

Il y a belle lurette que le couple droite-gauche ne sert plus à rien. Et qu’il est temps de fournir un effort pour le déconstruire -compte-tenu de ce que j’ai entendu aujourd’hui, à la télévision, j’ai plutôt envie de dire « demolir »…

Des déconstructeurs, il y en a beaucoup depuis Derrida, Foucault…

Actuellement, une revue particulièrement bien faite, La Revue internationale des livres et des idées, fait un remarquable travail de diffusion de textes qui cherchent à dépasser le couple droite-gauche. Cette revue fait partie de la mouvance de la « gauche critique », mouvance dans laquelle je ne m’inscris pas, mais qui a le mérite de mettre en question nos habitudes et nos réflexes politiques.

Je reste convaincu que ces travaux doivent être pris en considération par quiconque veut construire une pensée politique cherchant à dépasser notre vieux couple socialistes/conservateurs…

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