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Archive pour octobre 2008

Notre nouvelle modernité

Dimanche 12 octobre 2008

Ce matin, vers 9h, arrivée au travail. A la porte de la Bibliothèque, sur la platebande engazonnée, une tente de couleur verte, un homme assis devant en train de prendre son jus d’orange, plus loin un caddie du centre commercial qui jouxte la Bibliothèque…

Quelques mètres plus loin : deux êtres, un homme et une femme assis, emmitoufflés dans une couverture, assis sur le banc de l’abri-bus faisant face à la dite Bibliothèque…Deux êtres déjà vus hier soir en sortant de la même Bibliothèque, après le vernissage d’une exposition de photos…

Cet après-midi, de nouveau la vision de la tente avec un groupe d’hommes attablés, mais sans table…La tente paraît comme neuve…

Et toute l’année, des SDF, des gens perdus qui viennent trouver un peu de chaleur et un peu de lien dans une institution qui cherche à préserver l’humanité qui est en nous…Et pendant ce temps, la même Bibliothèque annonce qu’elle va faire numériser 500 000 volumes, par Google, pour démocratiser l’accès au savoir…

Dérisoire…

Modifions les règles du jeu

Mardi 7 octobre 2008

Bonsoir

Merci à Batling’a friend pour son commentaire judicieux.

On pourrait ajouter que les élections européennes, qui se jouent dans un cadre national, ne favorisent en rien cette prise de conscience pan-européenne ou trans-européenne.

Le référendum de 2005, la batterie de votes nationaux qui étaient prévus pour le Traité de Lisbonne, l’ont également montré : une question qui touche à l’Europe ne devrait être réglée qu’à l’échelle européenne…

J’aurais aimé un référendum sur le Traité constitutionnel organisé au même moment dans tous les pays concernés…Ou alors, une seule et même procédure parlementaire…

Sinon, la présence, certes pertinente, sur les listes nationales d’Européens, relève au mieux de la pédagogie par l’exemple, au pire du gadget destiné à manipuler les foules…

A vous lire

 

 

L’Europe frigide

Lundi 6 octobre 2008

C’est le titre bien trouvé d’un essai du diplomate et historien israélien Elie Barnavi

Ce que je vous propose, ce soir, c’est rien moins qu’une recension.

L’essai court sur 160 pages ; c’est dense et particulièrement intelligent. Barnavi assène, tout au long de sa réflexion, 1 idée majeure qui pourrait s’énoncer ainsi : l’Europe possède une unité culturelle ou de civilisation -l’historien emploie les deux expressions indifféremment- mais est éclatée du point de vue politique. L’un et le multiple rythme sa vie depuis des siècles. Pour Barnavi, c’est non seulement une chance mais c’est aussi ce qui explique les grands malheurs que nous avons traversés. Cette tension entre l’un et le multiple permet de comprendre le dynamisme européen à travers les siècles.

L’essai est d’abord une vaste fresque historique, qui court depuis les grecs classiques du 5è s. av. JC jusqu’à nos jours. Cette unité culturelle trouve sa cohérence dans l’assemblage de différents concepts : la rationalité, le doute critique, la solidarité, la liberté, la laïcité, la diversité et le patriotisme. Ce que Barnavi appelle les Tables de la Loi européenne.

Barnavi énonce aussi deux idées-force que nous devrions méditer :

1)notre unité culturelle est déjà faite, il faut la révéler à tous ceux qui mettent un point d’honneur à mettre en valeur les différences entre peuples européens. C’est-à-dire avoir une action pédagogique où l’on montrera ce qui nous unit.

2)le projet politique issu des pères fondateurs de l’Europe est à bout de souffle : il nous convient de le refonder pour pouvoir terminer notre unité politique.

Barnavi propose alors une méthode pour aller de l’avant :

-définir l’identité européenne de manière simple. L’Europe est là où l’histoire et la géographie se superposent. Exit donc la Turquie, puisque son histoire ne recoupe en rien l’unité culturelle européenne ; exit donc la Russie pour des raisons qui tiennent à l’histoire mais aussi à la géographie.

-être pragmatique : refuser la règle de l’unanimité -à laquelle nous renvoie le non irlandais sur le Traité de Lisbonne ; fonder l’Europe comme un club où les règles contraignent tous les membres qui y adhérent et où le non-respect de l’une d’entre elles entraîne la suspension de la participation ; former un groupe de pays volontaires qui chercheront une intégration politique supérieure et commencer, par exemple, par unifier les diplomaties allemande et française.

Le livre est plus riche que cette courte recension. Il mérite d’être lu, relu et méditer…pour se donner le courage de continuer et de sortir de l’impasse politique…

A vous lire.

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