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Vive l’Europe de la cuisine… Ou méfiez-vous du Petit Paumé…

Une fois n’est pas coutume, je vais vous faire le récit de mon expérience culinaire de vendredi soir dernier.

Nous décidons d’aller manger dans un restaurant à tapas du côté du 1er arrondissement de Lyon. Le lieu est présenté comme une taverne basque dans le Petit Paumé, la bible lyonnaise des chercheurs de pépites gastronomiques et autres curiosités de fin de soirée.

Le local, d’abord: grande salle aux murs ornés de raquettes de pelote basque -qui ont l’air tout droit sorties du magasin de souvenirs locaux tant elles n’ont pas servi-, force têtes de toros -car dit l’annonce, ici on prolonge les fêtes de Bayonne-, des piments de toutes sortes et de toutes tailles, et quelques drapeaux basques…

Et comme si l’on avait encore un doute, un écran géant en plein milieu du mur du fonds où l’on vous passe en boucle un DVD consacré aux ferias de Bayonne et d’ailleurs…Là, j’ouvre une parenthèse : amoureux de la corida, je doute que la projection -imposée- des passes des toreros pendant le repas soit d’un bon goût…La  mise à mort pourrait en rébuter plus d’un et d’une. Je tente une explication : cela fonctionnerait comme la mise à mort symbolique du pauvre client venu chercher un peu de « basquitude » dans ce monde de gratons lyonnais…

Bon, on l’aura compris, le patron et son équipe veulent faire passer un message : ici, on est au pays basque, et tout ce que vous allez voir, manger etc… est certifié d’origine…

Et puis vint le moment du repas : de ma vie, je n’avais jamais mangé du pain et de la tomate de la sorte-vous savez la tomate frottée agrémentée d’huile d’olive sur une tranche de pain. On nous sert du pain frotté de coulis de tomates (?!!!). Puis j’ai pris des sardines à l’escabeche, qui suppose une marinade de quelques jours : malheureusement, les sardines étaient à l’huile avec une pointe de piment (d’Espelette ?). Et le tout à l’avenant..comme ce poulpe tout droit sorti de sa boite de conserve et ce pain qui m’avait plus l’air de ressembler à un mini-krisproll qu’à un pain ibérique…

Bref, au moment de partir, vint la question rituel du garçon : est-ce que cela vous a plu? Et là, mal en a pris à ma compagne de dire que ce n’était pas à la hauteur de nos espérances…Nous avons eu droit au rituel : « c’est bien la première fois que cela nous arrive ». Puis au : « Si les Espagnols me vendent de la merde, j’y peux rien », et on termine par : « Si vous n’êtes pas contents, vous pouvez aller vivre en Espagne ». Là, un puriste aurait pu dire que le pays basque n’est pas l’Espagne, mais bon, ce n’était pas l’heure ni le lieu d’entrer dans des considérations politiques…

Tout était en toc dans ce lieu, recommandé par le Petit Paumé. M’est venue alors une question saugrenue : les étudiants gavés de pizzas et burgers sont-ils à même de juger une cuisine qui se présente comme régionale?

Un jour de déprime absolue…

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